Biographie Macaire Leblond



Biographie Macaire Leblond

MACAIRE LEBLOND, l'horloger-menuisier
par Denis Leblond
(texte publié dans l’Ancêtre, Société de généalogie de Québec, Vol. 21, N° 8, Avril 1995) 

Macaire Leblond est le fils de Nicolas Leblond, cultivateur de Trois-Pistoles, et de
Marguerite Côté. Il est le dixième d'une famille de onze enfants. Il est né le 2 octobre 1819 et a été
baptisé, en même temps que cinq autres enfants, le 10 octobre suivant à Notre-Dame-des-Neiges de
Trois-Pistoles. Il se marie le 15 juin 1841 à St-Roch de Québec à Ursule-Vénérande Boulianne, fille
de Thomas Boulianne, scieur de long, et de Rosalie Guérin-St-Hilaire, originaires de Charlevoix et
demeurant à Québec. Macaire décède, à l'âge de 81 ans et 5 mois, le 18 mars 1901 et est inhumé le
20 à St-Siméon. Vénérande, née vers 1823 dans Charlevoix a survécu à son mari. Ils seront les
parents de quinze enfants entre les années 1841 et 1868. 

REGISTRES DES PAROISSES:
Acte de baptême de Macaire Leblond, N.-D.-des-Neiges de Trois-Pistoles:
Le dix octobre mil huit cent dix neuf par nous Curé soussigné ont été baptisés les enfants
suivans,...4ième Macaire né le deux du courant du légitime mariage de Nicolas Leblond
cultivateur et de Marguerite Côté de cette paroisse, parrain Martial Rioux, marraine Justine
Salomé Damour. -  C. Gagnon ptre

Acte de mariage de Macaire Leblond et de Vénérande Boulianne, St-Roch, Québec:
Le quinze Juin mil huit cent quarante un, après la publication de trois bans de mariage faite
aux prônes de nos messes paroissiales entre Macaire Leblond, horlogeur, résidant en cette
paroisse, fils majeur de Nicolas Leblond et de Marguerite Côté des Trois-Pistoles, d'une
part, et Ursule Vénérande Boulianne fille mineure de Thomas Boulianne et de Rosalie Saint
Hilaire de cette paroisse, d'autre part, ne s'étant découvert aucun empêchement, nous prêtre
soussigné curé de Saint Roch de Québec, avons reçu leur mutuel consentement de mariage,
de l'agrément du père de la fille, et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Jean Bernier, de Jean Baptiste Plamondon soussignés, et de Thomas Boulianne et de
François Blouin qui n'ont signé. -  J. Bernier, J.B. Plamondon, L. Charest ptre curé

Acte de sépulture de Macaire Leblond, St-Siméon:
Le vingt de mars mil neuf cent un, nous prêtre soussigné, curé, avons inhumé dans le
cimetière de cette paroisse, le corps de Macaire Leblond, époux de Venerende Bouliane,
décédé, l'avant-veille, à l'âge de quatre-vingt-trois ans; Etaient présents, Michel Leblond,
Elzéar et Ernest Leblond, lesquels ont déclaré ne pouvoir signer avec nous. Lecture faite. - Jos. Savard ptre

 TROIS-PISTOLES : SES PARENTS
Nicolas Leblond, son père, est le cinquième Nicolas, en ligne directe, issu des ancêtres
Nicolas Leblond et Marguerite Leclerc (Voir Titre d'ascendance). Ces derniers ont déjà fait l'objet
d'une biographie dans l'Ancêtre (Vol.11, no.8, avril 1985). Il est né le 17 février et baptisé le 26 avril
1759 à Trois-Pistoles. Il se marie une première fois, âgé de presque quarante ans, le 4 février 1799 à
St-André de Kamouraska à Madeleine Charon-Laferrière, fille de Pierre, forgeron, et de défunte
Marie-Madeleine Lebel. De cette union va naître un garçon, appelé Nicolas, le 13 janvier 1800 à
Trois-Pistoles, baptisé le même jour à l'Isle-Verte. Malheureusement, il décède le lendemain et est
inhumé le 26 janvier 1800 à Trois-Pistoles. Madeleine décède le 28 janvier, des suites probables de
cet accouchement, et est inhumée à Trois-Pistoles le lendemain. Voilà une vie familiale qui débute
bien mal!
Nicolas se marie, en secondes noces, à Marguerite Côté le 4 octobre 1803 à St-Louis de
Kamouraska; elle est la fille de Jean-Baptiste et de Marie-Anne Roy-Desjardins. Il était alors âgé de
quarante-quatre ans et elle en avait près de vingt-trois. Ils vont être les parents de dix enfants, six
garçons, trois filles et un anonyme, dont en voici la liste: Anselme (1804), Nicolas (1806), Honoré
(1808), Pauline (1810), François (1812), Paul (1814), Rosalie (1815), Priscille (1818), Macaire
(1819) et Anonyme (1823). Nicolas a bien tenté de poursuivre la lignée des Nicolas mais en vain, car
cette dynastie se termine par un événement malheureux. Son garçon Nicolas, né le 15 et baptisé le 26
mai 1806 à Trois-Pistoles, termine tristement ses jours à l'Asile des Aliénés de l'Hôpital de la Marine
à St-Roch de Québec. Il décède le jour de ses quarante-cinq ans et est inhumé dans le cimetière de
l'Hôpital le 16 mai 1851. Macaire est donc le cadet survivant de cette famille.
Nicolas et Marguerite ont vécu à Trois-Pistoles au moins jusqu'en 1823, car tous leurs enfants
y sont nés ou décédés. De 1833 à 1841, ils sont encore à Trois-Pistoles. En 1841, nous retrouvons
une partie de la famille à St-Simon de Rimouski. C'est à cet endroit que décèdera Marguerite Côté le
29 octobre 1849, à l'âge de 69 ans, et elle y sera inhumée deux jours plus tard.
Nicolas, alors âgé de 91 ans, épouse en troisièmes noces Séraphine Michaud, âgée de 88 ans,
le 21 janvier 1851 à St-Simon. Séraphine, baptisée le 24 octobre 1762 à St-Louis de Kamouraska, est
la fille de Joseph Michaud et de Marie-Josephte Paradis et elle avait épousé, en premières noces, le
27 novembre 1780 à Kamouraska Louis Emond, fils de Louis et de Marie-Reine Soucy de Rivière-Ouelle. Nicolas décèdera le 30 septembre et sera inhumé à St-Simon le 2 octobre 1853 à l'âge
respectable de 94 ans.
Nous ne savons rien de l'enfance de notre ancêtre Macaire à Trois-Pistoles. Il n'a
probablement pas fréquenté l'école car nous n'avons trouvé aucun document sur lequel il a apposé sa
signature. Il a certainement travaillé très jeune sur la terre de son père Nicolas et il a dû apprendre les
rudiments de son futur métier d'horloger-menuisier. 

ST-ROCH DE QUEBEC
 Nous le retrouvons à Québec, quartier St-Roch, le 15 juin 1841, jour de son mariage avec
Ursule-Vénérande Boulianne, fille de Thomas et de Rosalie Guérin dit St-Hilaire. Ces derniers
étaient originaires de la région de Charlevoix et demeuraient à Québec depuis quelques années.
Macaire a 21 ans et Vénérande environ 18 ans. Depuis combien de temps Macaire est-il rendu à
Québec? A son mariage, Macaire est "horlogeur" demeurant à St-Roch et ses parents sont de TroisPistoles.
Ursule-Vénérande est mineure et aussi de St-Roch. Les témoins sont Jean Bernier, JeanBaptiste
Plamondon, Thomas Boulianne et François Blouin.
 Parlons un peu de la famille Boulianne. Thomas Boulianne, fils de Jean et de Judith Gagnon
est connu comme laboureur à La Malbaie et est majeur lors de son mariage avec Rosalie Guérin, fille
mineure de Jean et de Marie-Claire Bleau de La Malbaie; le mariage a lieu à St-Etienne de La
Malbaie le 20 août 1816. Ils ont eu au moins 15 enfants dont en voici la liste officieuse: David et
Thomas, des jumeaux (1817-1817), Elise (1818), Thomas (vers 1821), Ursule-Vénérande (vers
1823), Modeste (vers 1824), Angèle (vers 1826), Michel (1827), André (1829), Guillaume (1831),
Louise (1833), Delphine (?,), Pierre (1841-1841), Anonyme (1842), et Anonyme (1842). Thomas est
laboureur en 1816 et 1817, journalier en 1818, cultivateur entre 1827 et 1833, toujours à La Malbaie.
Entre 1841 et 1852, toute la famille est à St-Roch de Québec, Thomas père est scieur de long,
Thomas fils est charpentier, André et Guillaume sont cordonniers. Où est donc cette famille
Boulianne entre 1818 et 1827 et entre 1833 et 1841? Ce qui est certain, c'est que les registres sont
muets, les concernant, à La Malbaie, aux Eboulements, à Baie-Saint-Paul, à Notre-Dame et à StRoch
de Québec. De prochaines recherches nous les feront peut-être découvrir à Ste-Agnès, StIrénée,
St-Urbain ou à St-Louis de l'Ile-aux-Coudres.
 Nous nous permettons de faire ici un court rappel historique sur la paroisse St-Roch de
Québec. Le territoire de cette paroisse a été détaché de celle de Notre-Dame de Québec. Elle est
érigée canoniquement le 26 septembre 1829 et civilement le 9 octobre 1835. L'église actuelle, située
au coin des rues St-Joseph et de l'Eglise, est le quatrième monument érigé sur ce terrain. Une première église est construite en 1811 et brûle en 1816. Reconstruite en 1818, elle est de nouveau
l'objet des flammes en 1845. C'est donc dans cette église que Macaire et Vénérande ont uni leur
destinée. Cet incendie a certainement eu de sérieuses répercussions sur la vie de notre couple, nous y
reviendrons plus loin. Une troisième église fut construite et fut démolie en 1918 pour être remplacé
par le monument actuel.
 En ce qui concerne la ville même de Québec, elle se divise, en 1840, en six quartiers: StLouis,
du Palais, St-Pierre, Champlain, St-Roch et St-Jean. Pour tenir compte de l'augmentation de la
population dans les quartiers St-Roch et St-Jean, ceux-ci sont divisés en 1855. Les quartiers St-Roch et Jacques-Cartier sont séparés par une ligne passant au milieu de la rue St-Joseph et les quartiers StJean
et Montcalm par une ligne au centre de la rue St-Jean. La population de Québec, de 27,741
habitants qu'elle était, passe à 59,699 habitants en 1871, soit une augmentation de plus du double.
Plusieurs incendies ont marqué l'histoire de la ville de Québec. L'année 1845 est remarquable
à cet égard car, en l'espace d'un mois, deux incendies majeurs frappent les quartiers les plus
populeux. Le 28 mai 1845, vers onze heures le matin, les flammes font rage aux grandes tanneries
Osborne et Richarson, sur la rue Arago, près de la rue St-Vallier. En raison des vents forts venant de
l'ouest, l'incendie se propage sur la falaise jusqu'aux rues St-Olivier et des Glacis; presque tout StRoch,
à l'est de la rue de la Couronne, a été consumé par le feu, à l'exception de ce qui était au nord
de la rue St-François. En résumé, l'incendie a fait disparaître 1630 résidences et magasins, 3000
boutiques et hangars et il y eut 50 morts identifiés.
Le 28 juin, par une autre journée chaude et de grand vent, c'est le reste du quartier St-Jean qui
est réduit en cendres. Plus de 1315 édifices y passent. Ces deux incendies privèrent 20,000 personnes
de leur résidence.
 Le 14 octobre 1866, un autre incendie d'importance débute chez l'épicier Octave Trudel, sur
la rue St-Joseph, près de la halle Jacques-Cartier. Comme le vent soufflait d'est en ouest, c'est la
partie à l'ouest de la rue de la Couronne qui fut détruite. Ce feu s'étendit au village de St-Sauveur où
tout fut détruit, soit 1837 maisons. Le nombre de sans-abri se chiffre à plus de 20,000 personnes. Le
village de St-Sauveur était habité surtout par des ouvriers et très peu de ceux-ci étaient protégés par
des assurances.
 Est-ce que Macaire et Vénérande furent touchés par ces incendies? Revenons-en à notre
couple. Les prochaines douze années se passeront donc à St-Roch de Québec où Macaire et
Vénérande y auront leurs neuf premiers enfants (Voir Tableau de famille). De 1841 à 1847, il exerce
le métier d'horloger; en 1850, il est menuisier et, en 1853, il est dit meublier. Peu de temps après son
mariage, Vénérande est la marraine d'Auguste Boulianne, fils de François, scieur de long de St-Roch,
et de Suzanne Truchon, né le 11 et baptisé le 12 août 1841 à St-Roch de Québec. La première née,
Philomène, voit le jour cinq mois après leur mariage, soit le 23 novembre 1841, et est baptisée à StRoch
le même jour. Macaire est identifié comme étant "Etienne Leblond horloger en cette paroisse".
Le parrain est Augustin St-Hilaire, certainement un parent, et la marraine est la tante Modeste
Boulianne. Marie-Delphine naît le 2 août 1843 et est baptisée le même jour. Le parrain est Louis
Marois et la marraine est sa tante Elise Boulianne. Cette fille décède le 12 octobre suivant à l'âge de
deux mois et demi.
 La prochaine naissance est celle de Louise le 20 octobre 1844, baptisée sous les prénoms de
Marie-Louise le même jour. Ses parrain et marraine sont son oncle Thomas Boulianne et son épouse
Caroline Ouellet. Marie-Rose, connue plus tard sous les prénoms de Rose-Délima ou de Délima, est
née et baptisée au cours de l'hiver 1846, le 2 février précisément. Ses grands-parents Thomas
Boulianne et Rose St-Hilaire sont dans les honneurs. 

Leur cinquième fille, Marie-Reine, naît le 20 et est baptisée le 21 juin 1847. Son oncle
Michel Boulianne est le parrain et Reine Papillon, sa future épouse, est la marraine.
Malheureusement elle décède le 8 septembre à l'âge de deux mois et demi et est inhumée le
lendemain dans le cimetière paroissial. Une sixième fille, Arthémise, est probablement née en 1848
ou 1849, mais son acte de baptême n'est pas encore connu. Le septième enfant, encore une fille, est
baptisée sous les prénoms de Marie-Basilice le 22 juillet 1850; elle était née la veille. André
Boulianne, son oncle, est parrain et la marraine est Basilice Grégoire. Il est à noter que Macaire est
absent au baptême de Marie-Reine et de Marie-Basilice.
 La fin de l'année 1852 voit arriver le premier garçon de cette famille, celui qui sera mon
arrière-grand-père. L'avant-veille du Jour de l'An, soit le 30 décembre, naît Michel Leblond qui sera
baptisé le 1er janvier 1853. Son père Machier, meublier, est présent. Il faut remarquer ici
l'orthographie originale qui correspond à la prononciation ancienne de Macaire. Il y a encore des
gens dans notre famille qui emploient cette articulation phonétique. Son parrain est son oncle
cordonnier, Guillaume Boulianne, et Catherine Boulet dit Robert, son épouse, est la marraine. 

RECENSEMENTS DE ST-ROCH DE QUEBEC:
 Pour la période qui nous intéresse, nous retrouvons deux recensements du quartier St-Roch
de Québec, soit en 1842 et en 1851. Dans celui de 1842, nous ne trouvons aucune trace de Macaire,
de son épouse Vénérande Boulianne, ainsi que de ses beaux-parents Thomas Boulianne et Rosalie
St-Hilaire. Ont-ils été oubliés ou demeuraient-ils ailleurs? Ce qui est un peu décevant dans ce
recensement, c'est que toutes les personnes ne sont pas identifiées. Pour chaque maison, nous avons
le nom du chef de famille et le nombre de gens habitant avec lui. Quoiqu'il en soit, le 23 août 1843,
Macaire Leblond et son beau-père Thomas Boulianne signent un bail de location pour huit (8) mois
avec Sieur Joseph Mailloux, maçon de St-Roch, pour "tout le bas d'une maison située au faubourg StRoch,
à l'encoignure des rues Desfossés et de la Couronne" (la rue des Fossés n'existe plus étant dans
l'axe du boulevard Charest actuel); lors de la signature de ce bail devant le notaire Joseph Laurin,
Macaire et Thomas sont dits de St-Roch de Québec. Macaire est horloger et Thomas est scieur de
long. Le prix du loyer est de "six louis courant" payable à la fin de chaque mois en "huit paiements
égaux de la somme de quinze chelins courant" (un louis valant 20 chelins). "Le bailleur s'oblige à
acheter une horloge double qui se montera tous les huit jours, et garantie, des preneurs à raison de dix
huit piastres en déduction sur le loyer. Les preneurs s'obligent de livrer au bailleur les mouvements
de la dite horloge dans quinze jours de cette date, et la boite vers la fin du mois prochain."
 Toujours est-il que certaines données de ce recensement nous permettent de se faire une idée
de ce pouvait être St-Roch en 1842. Nous y retrouvons 30 rues sur lesquelles sont bâties 1236
maisons habitées, 12 maisons inhabitées et 46 maisons en construction. Dans celles-ci, il y a 714
propriétaires et 1209 non propriétaires. La population totale est de 9674 personnes dont 83 sont
absentes temporairement. Il y a 102 natifs d'Angleterre, 575 d'Irlande, 99 d'Ecosse, 8444 du Canada
français, 481 du Canada britannique, 80 d'Europe et 12 des Etats-Unis. Nous retrouvons 4094
personnes âgées de moins de 18 ans et 6325 personnes de plus de 18 ans dont 4349 mariées et 1976
non mariées. Il y a aussi 6 sourds et muets, 6 aveugles, 17 idiots et 3 lunatiques. Pour ce qui est de la
pratique religieuse, 5964 personnes sont de l'Eglise de Rome, 155 de l'Eglise d'Ecosse, 299 de l'Eglise d'Angleterre et 104 Méthodistes. On retrouve 77 engagés et 257 servantes. Il y a 169 personnes qui s'occupent de commerce et 208 qui vivent de l'Aumône. Comme animaux, nous avons 168 bêtes à cornes, 394 chevaux et 122 cochons. Sur le territoire, il y a 16 écoles élémentaires
fréquentées par 516 garçons et 324 filles. On peut trouver également 12 auberges et 22 magasins.
 Dans le recensement de 1851, chaque maison a sa fiche individuelle sur laquelle on doit y
inscrire les données en date du 11 janvier 1852. Macaire Leblond complète la fiche #1525 et on y
apprend qu'il est meublier et âgé de 31 ans; Vénérande a 28 ans. Les enfants au foyer sont Philomène
9 ans, Louise 7 ans, Rose 6 ans, Arthémise 3 ans et Marie 2 ans. Une servante, Marguerite Noël, âgée
de 19 ans, travaille à la maison. La paroisse est sous la responsabilité du curé Ch. Charest, aidé par
quatre vicaires et un autre prêtre. Les noms de rues n'y étant pas indiqués, nous ne pouvons pas
savoir où demeurait exactement notre famille. Au bas de cette fiche #1525 nous retrouvons une
signature de Macaire Leblond; en comparant l'écriture sur d'autres fiches, nous pouvons conclure que
c'est l'écriture du recenseur et non celle de Macaire Leblond. 

ST-ETIENNE DE LA MALBAIE:
 Après le baptême de Michel le 1er janvier 1853, nous perdons la trace de notre couple à StRoch
de Québec. Nous le retrouvons, fort heureusement, la même année, à St-Etienne de La
Malbaie. Qu'est-ce qui les a amenés à cet endroit? Quelles sont les raisons qui ont pu forcer ce
couple, avec leurs six enfants, le bébé ayant moins d'un an, à s'expatrier à La Malbaie? Y sont-ils
allés rejoindre quelque parenté Boulianne? Cette hypothèse demeure fort plausible. Macaire était
absent en 1847 au baptême de Marie-Reine et en 1850 à celui de Marie-Basilice, le lieu de naissance
d'Arthémise en 1848 ou en 1849 étant non résolu, se pourrait-il qu'il soit allé préparer ce
déménagement dans Charlevoix?
 La paroisse St-Etienne-de-la-Malbaie fut desservie par voie de mission par les curés de la
Baie-St-Paul et des Eboulements de 1774 à 1797, année du premier curé résidant. Ses registres
débutent en 1774. Elle fut érigée canoniquement le 4 février 1825 et civilement le 5 mai 1837. La
municipalité de la paroisse fut érigée le 1er juillet 1845; de ce territoire fut détachée la municipalité
du village de Cap-à-l'Aigle le 3 août 1916. La municipalité du village de la Malbaie a été érigée le 18
mars 1896.
Pour mieux connaître l'origine de ces noms pittoresques, j'aimerais faire appel à la description
qu'en a faite M. Hormidas Magnan, en 1925, dans son "Dictionnaire historique et géographique des
paroisses, missions et municipalités de la province de Québec".
 "En 1608, Champlain, remontant le fleuve Saint-Laurent, rencontra un cap qu'il nomma
"Cap-à-l'Aigle", à cause de sa belle élévation, qui était sans doute le refuge des aigles. Un peu plus
loin, il remarqua une baie au fond de laquelle se jette une petite rivière. Trouvant mauvais ancrage au
pied du Cap-à-l'Aigle, il donna le nom de "Male baie", à la baie, qui devint avec le temps "Malbaie".
Le mot "Male", est un vieil adjectif, qui signifiait jadis "mauvais". Le nom de Malbaie s'est étendu à
la rivière puis à toute la paroisse.
 En 1672 la seigneurie de la Malbaie fut d'abord concédée à Jean Bourdon, puis à Phil. 

Gauthier, Sieur de la Comporté. Après la conquête, le gouvernement britannique concéda de nouveau
cette seigneurie; la partie est, Mont-Murray, fut concédée le 27 avril 1762 à Malcolm Fraser; la partie
ouest, Murray-Bay, fut concédée le même jour, à John Nairn, officier écossais, qui lui donna le nom
 6 de Murray-Bay, en l'honneur du général Murray. Fraser en fit autant; il donna le nom de MontMurray
à sa seigneurie en l'honneur du même général. La compagnie de navigation, dont la direction
est anglaise, a donné le nom de Murray-Bay au quai de la Malbaie, où accostent ses bateaux durant la
belle saison."

 En cette fin d'année 1853 survient un événement spécial. En effet, Macaire devient parrain
pour la première fois, selon l'état actuel de nos recherches. L'enfant est Guillaume Boulianne, son
neveu, fils d'André Boulianne, cordonnier, et de Callixte Rivard, né et baptisé le 20 décembre 1853.
La marraine n'est nulle autre que Vénérande Boulianne, son épouse, dont le prénom a été inscrit
Vénérable par l'abbé N. Audet de La Malbaie. André et Callixte s'étaient mariés à St-Roch de
Québec le 24 septembre 1850. Comment se fait-il qu'eux aussi soient à La Malbaie?
 Une autre fille vient s'ajouter à notre famille, Rose, née et baptisée le 7 septembre 1854 à La
Malbaie. Macaire est menuisier "de St-Etienne"; il n'est pas présent au baptême. Le parrain est Marc
Bergeron et la marraine Agnès Blackburn, des gens de La Malbaie. Nous pouvons très fortement
penser que Macaire demeurait bien à La Malbaie car l'étude des registres pour les années 1853 à à
1855 nous précise bien le lieu de résidence des individus. La paroisse desservait les territoires des
futures paroisses de Cap-à-l'Aigle, St-Fidèle et St-Siméon, incluant Rivière-aux-Canards, RivièreNoire,
Port-au-Persil, Port-aux-Quilles et Port-au-Saumon. Sur les deux derniers actes cités, André
Boulianne et Macaire Leblond sont bien identifiés comme demeurant à St-Etienne. Toujours au
même endroit a lieu, le 9 mai 1855, la sépulture de Joseph-Thomas Boulianne, décédé le 7 mai à
l'âge de 4 ans et demi à La Malbaie. Il était le fils de Thomas Boulianne, charpentier de St-Roch de
Québec, et de Caroline Ouellet, qui se sont épousés le 1er juin 1842 à St-Roch. Etaient-ils en
promenade à La Malbaie? Ces quelques faits confirment donc la présence de notre famille dans la
paroisse de St-Etienne de La Malbaie. Le 19 mars 1855, devant le notaire Hélie Hudon, de La
Malbaie, Macaire accepte de Louis Turcotte un bail emphytéotique de quatre-vingt-dix-neuf (99) ans
pour un terrain d'un demi arpent de terre sur un arpent de profondeur, enclavée dans la terre du
bailleur et située le long de la rivière Malbaie dans la première concession de la seigneurie de MountMurray.
Cette terre est bornée par le Chemin de la Reine en avant, par derrière par la dite profondeur,
au nord à la terre de Benjamin Dufour et au sud au dit bailleur. Le coût du bail est de vingt chelins
courant payable le 19 mars de chaque année jusqu'en 1954. Ce bail est résilié le 29 mai suivant "pour
de certaines raisons à eux connues et qu'ils n'ont point jugés à propos de nous dire,...sans dommages
ni intérêts de part et d'autre." Mais leur migration n'est pas terminée! 

ST-FIDELE-DE-MOUNT-MURRAY:
 St-Fidèle-de-Mount-Murray, mieux connue comme St-Fidèle de Charlevoix, est une paroisse
qui fut desservie par les curés de La Malbaie de 1840 à 1855, année de la nomination de son premier
curé, l'abbé Fidèle Morisset, à qui elle doit son nom. Une première chapelle, construite en 1853, fut
remplacée par une église de pierre en 1872. Son érection canonique a lieu le 10 juin 1850, tandis que
son érection civile se fait le 19 septembre 1855. Son territoire fut détaché de la paroisse St-Etienne de
 7 La Malbaie et fait partie de la seigneurie de Mount-Murray qui fut concédée au lieutenant Malcolm
Fraser le 27 avril 1762.
 Le 20 juillet 1850, la Corporation Archiépiscopale Catholique Romaine de Québec fait
l'acquisition, en l'étude du notaire Edouard Tremblay, de La Malbaie, de deux terres contiguës de un
arpent de front sur quatre arpents de profondeur en prévision de la construction d'une chapelle dans
les futurs territoires de St-Fidèle. Les deux vendeurs sont Louis Dallaire, son épouse Libère
Boulianne, et Léandre Tremblay, son épouse Emérencienne Savard. Une procuration de la
Corporation datée du 20 octobre 1854 permet au curé Fidèle Morisset, dans le "but de se faire donner
un titre valable d'un certain terrain...pour le site d'une Eglise, Cimetière, Presbytère et autres
dépendances", de transporter la propriété de ces terres à l'Oeuvre et Fabrique de St-Fidèle par des
actes du même notaire datés du 8 novembre 1855 "avec toutes les batisses dessus construites par la
dite Oeuvre et fabrique et les paroissiens d'icelle dite paroisse". 

C'est à cet endroit que nous retrouvons notre famille en 1856. Il est assez facile de penser
qu'ils étaient certainement installés sur le territoire qui fut détaché de la paroisse St-Etienne lors de la
formation de la paroisse St-Fidèle. Vénérande accouche de leur dixième enfant, Delphine, le 2 février
1856. Elle est baptisée par le curé Morisset le jour de sa naissance. Sont parrain et marraine Louis
Dalaire et Geneviève Tremblay. Le 22 février 1858, nous retrouvons Macaire chez le notaire Hélie
Hudon à La Malbaie en présence d'Edouard Tremblay fils d'Edouard Tremblay, cultivateur
(personnes différentes du notaire précité) afin de contracter un bail emphytéotique de 99 ans se
terminant le 2 novembre 1956, le locataire y résidant depuis le 2 novembre 1857. Macaire y est dit
maître menuisier demeurant à St-Fidèle. Le terrain en question se situe dans la concession de Portau-Saumon
et comprend trois quarts d'arpent de front sur un demi arpent de profondeur, ainsi que
"les batisses dessus construites par le dit preneur ci devant", borné par le devant par le Chemin de la
Reine, par derrière par la dite profondeur, au sud-ouest à Thomas Savard et au sud-est à la Maison
d'école. Macaire devra payer dix-sept chelins et dix deniers courant, à compter du 2 novembre 1858.
Le même jour, Macaire contracte une obligation de quatre livres et cinq chelins envers Edouard
Tremblay fils pour valeurs reçues "en bois de construction pour une partie d'une maison", payable le
15 novembre prochain. Toujours le même jour, il contracte une autre obligation de quinze livres
envers le marchand Guillaume Charette de La Malbaie pour valeurs reçues en effets et marchandises
de son magasin, somme payable au 2 novembre prochain. Il en reçoit quittance le 7 septembre 1859
en même temps qu'il contracte une nouvelle obligation envers Guillaume Charette pour la somme de
vingt-cinq livres et dix chelins qui ont servi à acheter des effets pour "parrachever sa maison".
Un deuxième garçon se joint à la famille. Il s'agit d'Eugène, né le 30, baptisé le 31 mars 1858.
Le parrain est Edouard Tremblay fils (père de Pierre qui sera le premier époux de ma grand-mère,
Amanda Savard, qui épousera, en secondes noces, Ernest Leblond, fils de Michel à Macaire) et la
marraine est Madeleine Brisson, son épouse. Eugène aura la particularité d'être le seul Leblond en
Amérique à s'être marié à quatre reprises. Leur douzième enfant, Marie-Carmélie, naît le 9 avril 1860
et est baptisée le 11 suivant. Le parrain est Baptiste Tremblay tandis que la marraine est MarieLéocadie
Maltais. Macaire est menuisier en 1856 et 1858 et journalier en 1860. Vénérande
Boulianne est marraine de Marie-Carmélie Savard le 22 août 1861, le parrain étant Joseph Tremblay,
leur voisin immédiat. L'enfant est la fille de Théodule Savard et de Séraphine Tremblay, leur
troisième voisin. 

Un autre élément d'histoire qui fut d'une certaine importance pour notre famille est le décès
du Seigneur, soit l'Honorable John Malcolm Fraser, survenu le 16 avril 1860. Suite à ce décès, il y a
eu un partage de la seigneurie le 4 juillet 1860, devant le notaire Edouard Tremblay, entre les deux
héritières que sont Dame Mary Forsyth Fraser, épouse de Thomas John Reeve, capitaine du 79me
Régiment de sa Majesté, et Dame Grace Charlotte Fraser, épouse de Clement Henry John Heigham,
capitaine du 17me Régiment de sa Majesté. La première hérita de la partie sud de la seigneurie,
incluant Cap-à-l'Aigle, Port-au-Saumon, Port-au-Persil ainsi que les concessions de Ste-Mathilde,
Ste-Anne et Ste-Marguerite. La seconde hérita de la partie plus au nord soit les concessions de la
Rivière Murray (Malbaie), Fraserville, Ste-Julie, Mary Grace et de St-George.
RECENSEMENT DE 1861:
 En 1861 a lieu au Canada un grand recensement nominatif de tous ses habitants et de leurs
possessions. St-Fidèle appartient au district #23. L'énumérateur, John McLaren, prête son serment le
1er mars 1861 à Murray Bay (ancienne dénomination de St-Etienne de La Malbaie) devant Thomas
Simard. Le commissaire H. Hudon, responsable de la vérification, approuve ce recensement à
Murray Bay le 8 mai 1861. L'énumérateur est donc passé dans tous les foyers de St-Fidèle au cours
des mois de mars et avril.
 Ce recensement nous fournit certains détails très intéressants concernant l'état des propriétés
tant publiques que privées. La chapelle, construite en 1853, abrite le curé Georges Beaulieu, qui a
remplacé le curé Morisset en 1859, et dessert les "townships" de Callières et de Saguenay. Faite de
bois, elle mesure 45 pieds de longueur sur 28 pieds de largeur et elle est évaluée à $2000. Elle est
sise sur une terre de 8 acres valant $1000. La Corporation des Ecoles de St-Fidèle administre deux
écoles de deux étages chacune, faites de bois et construites sur deux terrains, dont le premier mesure
5 acres et est évalué à $400, le second mesurant 1 acre et valant #350. L'institutrice est Mademoiselle
Sara Roy et demeure chez Joseph Tremblay, voisin de notre ancêtre Macaire. 

Macaire Leblond est âgé de 40 ans, menuisier, et possède une maison en bois à un étage,
évaluée à $350, bâtie sur un terrain de un arpent. Il n'a pas de terre en culture. Il possède aussi une
menuiserie valant $100, des meubles de menuiserie pour $800, mille pieds de bois dont 400 planches
et madriers. Il a un engagé dont le salaire mensuel est de $30. Vénérande Bois, sic Boulianne, a 38
ans et est couturière. Les enfants de la maisonnée sont Philomène 19 ans, Louise 17 ans, Rose 15 ans,
Arthémise 12 ans, Marie 10 ans, toutes cinq couturières, Michel 8 ans, Délima 6 ans, Delphine 4 ans,
Eugène 2 ans et Carméline 1 an; la dernière est identifiée comme étant un garçon du nom de
Carmélien. Rose, Arthémise, Marie, Michel et Délima auraient fréquenté l'école pendant l'année.
 Cette habitation est recensée la quatrième avant la maison du curé et de sa servante; doit-on
en conclure qu'il habitait tout près de l'église de St-Fidèle? Ses voisins entre lui et l'église sont
Edouard Tremblay et Madeleine Brisson, cultivateurs, Edouard Tremblay fils et Flore Tremblay chez
qui demeurent Joseph Grenon et son épouse; Denis Gauthier, forgeron, son épouse Célestine et
Flavien Gauthier, probablement son frère âgé de 17 ans. De l'autre côté, nous avons Joseph
Tremblay, cultivateur, son épouse Alexandrienne Lapointe, et leurs douze enfants chez qui loge
l'institutrice Sara Roy; Etienne Leclerc et son épouse Louise Savard et, en troisième lieu, Théodule
Savard, cultivateur, Séraphine Tremblay et leurs quatre enfants. 

Les statistiques globales de ce recensement de St-Fidèle sont intéressantes et nous permettent
de se faire une image plus précise de l'environnement humain qu'ont dû connaître nos ancêtres. La
population totale de St-Fidèle est de 816 personnes dont 419 mâles et 397 femelles; 549 non mariées
et 252 mariées, 6 veufs et 9 veuves; 796 membres de la famille et 20 non membres dont 10 hommes
et 10 femmes. La fréquentation scolaire s'est faite par 51 garçons et 46 filles. Il y a 136 hommes et
120 femmes de plus de vingt ans ne sachant ni lire ni écrire. On y retrouve 151 familles dans 118
maisons en plus de 5 maisons abandonnées et 2 en construction.
ST-SAUVEUR DE QUEBEC:
 Un nouveau déménagement se produit entre le 22 août 1861 et le mois de juillet 1862 car
nous retrouvons notre famille à Québec le 20 juillet pour le baptême d'Edmond Leblond, né la veille,
dans l'église de St-Roch, cérémonie officiée par le curé Ch. Charest, en présence du père. Le parrain
est François-Xavier Ouellet et la marraine est Angèle Boulianne, soeur de Vénérande. Edmond
s'appellera plus tard Joseph.
 Leur avant-dernière née, Joséphine, vient au monde le 16 octobre 1864, pour être baptisée le
lendemain en l'église de St-Roch. La marraine est Delphine Boulianne, probablement une tante, et
son époux, Abel Bonneau, est le parrain. Macaire est présent sous le nom de Melchior Leblond.
Joséphine décède à l'âge de trois mois le 20 janvier 1865. Comme la famille a dû s'installer à StSauveur
à son retour de St-Fidèle, comment expliquer les deux derniers baptêmes et la sépulture de
la benjamine à St-Roch de Québec alors que St-Sauveur avait son église? Etait-ce l'habitude ou la
familiarité?
 Comme il fut mentionné plus tôt, l'incendie du 14 octobre 1866 a détruit une partie de StRoch,
à l'ouest de la rue de la Couronne, et le village de St-Sauveur en entier, l'église, les écoles, une
cordonnerie, des tanneries et plus de 1200 maisons. Macaire et Vénérande ont donc, probablement,
tout perdu dans cet incendie. On ne peut en être sûr actuellement, mais il est fort possible que cela
ressemble à la vérité. 

Des recherches faites dans le Quebec Directory, répertoire civique de la ville de Québec,
nous ont permis de localiser notre ancêtre dans le village de St-Sauveur. L'édition 1863-1864 de cet
annuaire le qualifie d'ébéniste demeurant sur la rue Colomb dans St-Sauveur. L'édition suivante,
1864-1865, lui donne deux localisations, l'une sur la rue Colomb comme menuisier, et l'autre sur la
rue Bayard, également comme menuisier. Avait-il une résidence et un atelier de menuiserie?
L'édition 1865-1866 le situe uniquement sur la rue Bayard, encore comme menuisier.
 Dans l'obligation de tout recommencer, Macaire et Vénérande Boulianne se retrouvent donc
dans Charlevoix et font baptisée leur dernière fille, Marie-Anne, le 26 juillet 1868 à St-Etienne de La
Malbaie; elle est née le même jour, le parrain est François-Xavier McNichol, la marraine Louise
Bergeron. Macaire est dit "ouvrier de cette paroisse" et il n'est pas présent à ce baptême. Cette
dernière enfant décède avant 1871 car il n'y est fait aucune mention lors du recensement de cette
année. La prochaine mention de notre couple dans nos registres paroissiaux se retrouve à St-Sauveur,
le 21 septembre 1869. C'est le jour du mariage de leur fille aînée Philomène, de St-Sauveur, avec
Moïse Plante, ce mariage nécessitant une dispense du troisième degré de consanguinité car Moïse
Plante est le fils de feu André Laplante et d'Elisabeth Leblond, cousine de Macaire, de la paroisse
Ste-Cécile du Bic dans le comté de Rimouski. Moïse est cordonnier de métier. Macaire, meublier, emble être absent à ce mariage car les témoins sont Thomas Boulianne et Michel Boulianne, grandpère
et oncle de l'épouse. Comment expliquer l'absence de Macaire au mariage de sa fille aînée
autrement que par son éloignement territorial? Etait-il installé à St-Roch, à St-Sauveur ou était-il
reparti dans Charlevoix afin de préparer le départ définitif de la famille? Toujours est-il que le
Quebec Directory lui donne une adresse précise dans le quartier St-Roch dans son édition 1870-
1871; il demeure au 50, rue Craig (rue du Pont, dans le Mail St-Roch, aujourd'hui) et pratique le
métier d'ébéniste.
RETOUR A ST-FIDELE-DE-MOUNT-MURRAY:
 Quand la famille est-elle repartie de Québec pour la région de Charlevoix? Le grand
recensement canadien de 1871 nous permet de retrouver notre famille, amputée de quelques
membres, à St-Fidèle-de-Mount-Murray. Ce recensement eut lieu entre le 3 et le 29 avril.
L'énumérateur, M. Paul Mailloux, passe chez Macaire le 11 avril. C'est la trentième maison visitée et
la trente-neuvième famille. Ses voisins sont d'un côté Côme Savard, son épouse Zoé Tremblay, leurs
trois enfants ainsi que le grand-père Clément Savard; de l'autre côté, nous avons la famille de
Georges Dallaire, son épouse Elisabeth Maltais et leurs six enfants. En comparant les recensements
de 1861 et 1871, on peut affirmer qu'ils se sont pas établis au même endroit qu'en 1861; ils semblent
un peu plus éloignés de l'église, mais c'est probablement dû à la séquence du recensement.
 Macaire Leblond, menuisier, est âgé de 51 ans et Vénérande Boulianne, couturière, de 48
ans. Les enfants vivants à la maison sont Louise 25 ans, couturière, Michel 17 ans, menuisier,
Délima 16 ans, Delphine 14 ans, Eugène 11 ans, Carméline 9 ans et Joseph 4 ans. Nous apprenons
que Marie, qui travaillait comme domestique, est décédée au mois de janvier précédent à l'âge de 18
ans. Où et de quoi est-elle décédée? Trois filles n'ont pas fait le voyage à St-Fidèle et sont demeurées
à Québec: Philomène, épouse de Moïse Plante, Rose et Arthémise. Se peut-il que cette dernière ait été engagée comme domestique à St-Fidèle?
 Dans la paroisse de St-Fidèle, on retrouve une église catholique sur une terre de 60 arpents
ainsi qu'une autre bâtisse (presbytère?) logeant deux prêtres, MM. les abbés Napoléon Cinq-Mars et
Alexis Pelletier, Henri Savard cultivateur, Henriette Pouliot gouvernante et deux domestiques,
Antoinette Filion et Théodore Bilodeau. Il y a également une école commune abritant l'institutrice
Louise Ouellet ainsi qu'une possible servante nommée Marie Godin. 

ST-SIMEON:
 Au même moment, soit du 3 au 17 avril 1871, un recensement a lieu dans la paroisse voisine
de St-Siméon, l'énumérateur étant M. François-Xavier Tremblay. Cette paroisse, future patrie de
notre famille, est érigée canoniquement le 30 mars 1869 et civilement le 23 juillet de la même année.
Son territoire fut détaché de la paroisse St-Fidèle-de-Mount-Murray. Elle fut desservie par le curé de
St-Fidèle jusqu'au 4 janvier 1874, moment de l'ouverture de ses registres et de la nomination de
l'abbé François Cinq-Mars comme curé de la paroisse. Au mois de mai 1873, nous apprenons, par les
registres de St-Fidèle, qu'il existe une chapelle à St-Siméon. Depuis quand existe-elle? Il viendra
s'ajouter à cette municipalité de paroisse une partie du canton de Callières le 19 avril 1899. Le 4
janvier 1911 sera érigée la municipalité de village de St-Siméon. Ces deux municipalités sont situées à 20 milles de La Malbaie. Cet endroit a été longtemps le terminus du chemin de fer Canadien
National. On retrouve aujourd'hui les installations de la compagnie Clark, responsable de la traverse
St-Siméon-Rivière-du-Loup.
 Revenons-en donc à notre famille. Une question à se poser à ce moment est: Macaire et sa
famille étaient-ils installés encore à St-Fidèle ou sur le nouveau territoire de St-Siméon? Des
recherches futures dans les terriers nous permettront certainement d'y répondre. Toujours est-il que,
lors des prochaines présences publiques des gens de notre famille, ils sont soit dits de St-Siméon soit
associés à des gens de St-Siméon.
 Rose Leblond est marraine, le 27 août 1871, de Marie-Rose-Léda Savard, née la veille, fille
de David Savard et de Philomène Imbault de St-Siméon; le parrain est Xavier Belley. Avons-nous
affaire ici à Rose, 25 ans, étant possiblement demeurée à Québec, ou à Délima, 16 ans, demeurant
chez ses parents? Notre couple a donc eu deux filles portant sensiblement les mêmes prénoms, ce qui
nous rend la tâche un peu difficile lors de l'identification des différents actes. Il y a d'abord RoseDélima,
née en 1846 sous les prénoms de Marie-Rose-Délima, qui s'appelle Rose au recensement de
1861 et Rose-Délima à son mariage en 1881. La seconde est Délima, née en 1854 sous les prénoms
de Rose, identifiée à Délina en 1861 et à Délima en 1871.
 Le 1er novembre 1873, c'est au tour de Michel Leblond, menuisier, d'être parrain de Michel
Dallaire, né le 27 octobre, fils d'Elie et de Mathilde Demeule, de St-Siméon. La marraine est
Démerise Demeule. L'officiant est le futur curé de St-Siméon, l'abbé François Cinq-Mars.
 A l'exception des mariages de leurs enfants, Macaire et Vénérande ne sont presque plus
présents dans nos registres d'état civil. Le 3 mai 1876, Vénérande est la marraine de MariePhilomène
Savard, née le 26 avril précédent, fille de David Savard et de Philomène Imbeault. Le
parrain est le cultivateur Charles Bouchard. Elle est de nouveau marraine, le 5 mai 1889, de son petit
fils Théodore Leblond, né le 3, fils d'Eugène et de Joséphine Lessard, de St-Siméon. Le parrain est le
grand-père maternel, Théodore Lessard. 

MARIAGES DES ENFANTS:
 Comme nous le savons déjà, la fille aînée Philomène, a épousé son consanguin du troisième
degré Moïse Plante à St-Sauveur de Québec le 21 septembre 1869. Le mariage de mon arrière-grandpère,
Michel Leblond, menuisier, est célébré à St-Siméon le 22 septembre 1874. L'épouse est Denise
Tremblay, fille de Michel Tremblay, cultivateur de St-Siméon, et de défunte Christine Harvey,
décédée le 30 mars précédent. Denise est née le 15 octobre 1849 à St-Etienne de La Malbaie. Michel
a alors 21 ans et Denise 24 ans et ni l'un ni l'autre n'appose leur signature. Michel Tremblay semble
installé depuis plusieurs années déjà à St-Siméon. Ils seront les parents de sept enfants, cinq garçons
et deux filles, dont mon grand-père Ernest Leblond. Descendent de cette branche les Leblond de StSiméon
et de La Malbaie dans Charlevoix et de Ville de la Baie au Saguenay. 

Un grand jour se prépare en cette journée du 7 novembre 1881. Toute la famille, du moins
une bonne partie, s'est rassemblée à St-Sauveur de Québec pour un événement très spécial. Nous
assistons alors à un mariage double au cours duquel Louise et Rose-Délima prendront époux. Louise
est alors âgée de 37 ans et Rose-Délima de 35 ans. La première épouse Joseph Bélanger, veuf de
Philomène Jobin et fils de Joseph et d'Angèle Desroussels, journalier à St-Sauveur. Louise est le
premier enfant de cette famille à savoir signer son nom et elle le fait en présence de Thomas Bédard,
épicier, et de son oncle André Boulianne, cordonnier. La seconde épouse Philippe Meunier, fils de
Louis et d'Ursule Galarneau, journalier de St-Sauveur. Elle ne sait signer et les témoins sont Macaire
Leblond et Onézime Juneau, peintre de St-Roch. Les deux filles sont dites de St-Sauveur. Louise
épousera, en secondes noces, Louis Martel, doreur, veuf de Georgiana Chalifoux, à St-Jacques de
Montréal le 2 septembre 1895.
Le prochain mariage est celui d'Eugène le 23 novembre 1886 à St-Siméon. Il a alors 28 ans et
l'épouse est Joséphine Lessard, fille de Théodore, cultivateur, et de Priscille Savard de St-Siméon.
Les deux époux étaient consanguins au quatrième degré. Le témoin d'Eugène est son frère Michel
Leblond car Macaire et Vénérande sont rendus à Notre-Dame de Roberval, au Lac-Saint-Jean.
Pendant combien d'années sont-ils demeurés là-bas? Ils reviennent avant 1889 car, comme nous
l'avons déjà souligné, Vénérande est marraine de son petit-fils Théodore Leblond le 5 mai 1889.
 En décembre 1892, la veille de Noël, Joséphine décède des suites d'un accouchement. Le 8
janvier 1894, Eugène épouse sa belle-soeur Alphonsine Lessard. Macaire est témoin de son fils
Eugène et Alphonsine appose sa signature. Le 20 janvier 1897, Eugène devient de nouveau veuf.
Avec de jeunes enfants à la maison, il ne tarde pas à se remarier. Le 27 septembre de la même année,
il épouse en troisièmes noces une jeune fille mineure, Adéline Savard, fille de Thomas Savard,
cultivateur, et de défunte Démerise Dufour. Les témoins sont Michel Leblond, frère de l'époux, et
Thomas Savard. Macaire, alors âgé de 67 ans, était-il absent de St-Siméon lors de ce mariage? Après
ce mariage, nous retrouvons cette famille installée à Chicoutimi. Le 28 avril 1919, Eugène, veuf une
troisième fois, épousera Luce Tremblay, veuve de François Lemieux, à Sacré-Coeur de Chicoutimi.
La descendance de cette branche se localise à Chicoutimi et à Jonquière. Eugène est le seul Leblond à avoir eu quatre épouses.
 Le 11 février 1890, c'est au tour de Joseph, 27 ans, menuisier de St-Siméon, de prendre
épouse; elle se nomme Odélie Tremblay et est la fille mineure de David Tremblay, cultivateur, et de
Marguerite Poitras. Les pères sont les témoins. Odélie décède le 3 janvier 1894 à Ste-Bernadette de
Bonfield, en Ontario, après avoir donné naissance à un garçon et à deux jumelles. Joseph se remarie,
avant 1900, avec Joséphine Tremblay, en Ontario. Sa descendance se retrouve à Bonfield et à North
Bay, en Ontario.
 La même année 1890, le 15 novembre, notre famille assiste au mariage de Carméline
Leblond et de David McLaren. Ils ont dû traverser le fleuve pour cette cérémonie car le mariage a été
célébré dans l'église anglicane de Rivière-du-Loup. Les mariages entre catholiques et ceux des autres
confessions religieuses étaient possibles à la condition que les enfants issus de ces mariages devaient
être baptisés à l'église catholique. David McLaren était veuf d'Henriette Jourdain, décédée le 18
décembre 1888, et père de quatre enfants dont trois encore vivants. Il exerçait le métier de forgeron à
St-Siméon. Ils auront au moins cinq enfants. 

La dernière à se marier est Arthémise et elle le fait à un âge assez avancé, étant alors âgée de
près de 53 ans. Elle épouse Médéric Tremblay, fils d'Elie et d'Adèle Duchesne, le 23 juin 1902 à StSiméon.
Bien qu'avancée en âge, nous retrouvons deux garçons issus d'Arthémise qui se sont mariés
à Québec.

EPILOGUE:
 Ici se termine le récit de cette histoire concernant la vie et les péripéties entourant le
cheminement et les déplacements de la famille de Macaire Leblond et de Vénérande Boulianne,
famille qui a dû lutter courageusement et ardemment pour permettre l'installation et la propagation
d'une branche de Leblond dans la région de Charlevoix et du Saguenay. Ce n'est toutefois pas la fin
de cette histoire car beaucoup reste à faire pour rendre complet et juste l'hommage à ces valeureux
pionniers. Portant un prénom original, Macaire fut pourtant un homme bien ordinaire. 

REFERENCES:
 1. Registres des paroisses de Trois-Pistoles, La Malbaie, de St-Fidèle, de St-Siméon, de
Notre-Dame, St-Roch et St-Sauveur de Québec.
 2. Greffe des notaires Joseph Laurin de Québec, d'Edouard Tremblay et d'Hélie Hudon de
La Malbaie.
 3. Répertoires des mariages de Trois-Pistoles, Notre-Dame, St-Roch et St-Sauveur de
Québec, du comté de Charlevoix.
 4. Magnan, Hormidas, Dictionnaire historique et géographique des paroisses, missions et
municipalités de la province de Québec, L'Imprimerie d'Arthabaska inc., Arthabaska P.Q.,
1925.
 5. Drolet, Antonio, La ville de Québec - Histoire municipale: III - de l'incorporation à la
Confédération (1833-1867), Société historique de Québec, Cahier d'histoire No.19, 1967.
 6. Quebec Directory, de 1860 à 1871.
 7. ANQ Québec, Recensement de la ville de Québec, 1842, faubourg St-Roch, microfilms
C-725 et C-726. 

8. ANQ Québec, Recensement du Canada, 1851, St-Roch de Québec, microfilms C-1150 à
C-1153.
 9. ANQ Québec, Recensement du Canada, 1861, St-Fidèle, microfilm C-1274.
 10. ANQ Québec, Recensement du Canada, 1871, St-Fidèle et St-Siméon, microfilm C-
10348.
 11. ANQ Québec, Recensement du Canada, 1881, St-Fidèle, microfilm C-13209.
 12. ANQ Québec, Recensement du Canada, 1891, St-Fidèle et St-Siméon, microfilm T-
6390.
 13. Gouvernement du Québec, Commission de toponymie, Répertoire toponymique du
Québec, Editeur officiel du Québec, 1979.
 14. Musée national de l'Homme, La ville de Québec, 1800-1850: un inventaire de cartes et
plans, Collection Mercure No.13, 1975.
15. National Museum of Man, Quebec City: Architects, Artisans, and Builders, Collection
Mercure No.37, 1984.

 

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